Un script suffisamment long pour imprimer soixante romans
Conditions de jeu
Joué sur Nintendo Switch, majoritairement en mode portable.
Je vous en parlais en décembre 2025 dans mon article « Ces Visual Novels ont marqué mon année 2025 ». Je terminais mon année en me lançant dans The Hundred Line -Last Defense Academy-. Sans surprise, c’était un sacré investissement de temps qui m’attendait : 170h de jeu étalées sur quatre mois, c’était ma petite lecture du soir en parallèle de mes autres jeux et activités du quotidien. J’en suis finalement arrivé au bout et, pour bien des raisons, je dois avouer qu’il m’est difficile d’écrire ces lignes.
Née de l’alliance entre les créateurs des séries Danganronpa et Zero Escape, cette aventure propose un mélange particulier entre Tactical-RPG et Visual Novel. Je n’étais initialement pas intéressé du tout par le jeu, d’autant plus que j’avais été déçu par les travaux de Too Kyo Games jusque-là. J’ai changé d’avis après qu’une amie y ait joué en stream une fois où j’étais en retard pour une soirée jeux. Il m’a suffi d’une minute de visionnage pour retrouver l’ambiance Danganronpa et me faire partir à la recherche d’une copie physique du jeu. De ce côté-là, j’ai été servi.
Mais The Hundred Line -Last Defense Academy-, ce n’est pas Danganronpa. C’est une expérience bien différente, unique en son genre et qui se targue de proposer cent fins à son aventure. Bien évidemment, le fou que je suis les a toutes vues.

Combats et tranches de vie pour un quotidien déjanté
L’aventure commence au jour 0. Takumi Sumino, personnage principal de l’histoire, vit de beaux jours avec sa mère et Karua, sa meilleure amie, au sein du Tokyo Residential Complex. Pour des raisons mystérieuses, cet endroit est confiné depuis si longtemps qu’aujourd’hui nul ne se pose la question de pourquoi cela est le cas. Mais un jour, la vérité éclate : en dehors des murs, des créatures monstrueuses menacent les habitants. Lorsque celles-ci s’en prennent à Karua, un être étrange prénommé Sirei se présente à Takumi et lui offre le pouvoir de combattre : l’hémoanima. Sans savoir comment, le jeune homme se réveille ensuite à la Last Defense Academy aux côtés d’autres adolescents. Désormais, leur mission est de défendre l’école des attaques des monstres pendant cent jours, une mission qui permettra d’assurer la sécurité du Tokyo Residential Complex et de ses habitants. Le jeu suit ce calendrier de cent jours et vous les fait vivre les uns après les autres.
Les combats prennent la forme d’une grille sur laquelle vous pouvez déplacer vos unités. Lors d’un tour de combat, vous pouvez agir aussi longtemps que vous avez des points d’action. Un même personnage peut être utilisé plusieurs fois, mais il passe à l’état « fatigué » après avoir été déplacé une fois. Cela réduit ses déplacements à une case pour le tour en cours, à moins de soigner l’altération d’état. Chaque personnage maîtrise trois attaques qui présentent leurs avantages et leurs inconvénients. Par exemple, Takumi peut cibler cinq cases à l’horizontale devant lui et infliger deux dégâts aux ennemis présents, tandis que Takemaru peut infliger un dégât aux ennemis présents sur les huit cases autour de lui. Tous les personnages présentent leurs propres spécificités qui font que chacun trouve son utilité à un moment ou à un autre.
J’ai été agréablement surpris par les combats. C’était la partie qui m’intéressait le moins, mais j’ai finalement beaucoup apprécié leur aspect très stratégique, proche du jeu de puzzle… tout du moins, c’est ainsi que je les ai appréhendés. En effet, le jeu est suffisamment permissif pour permettre aux joueurs de le prendre comme un T-RPG sans prise de tête. Pour ma part, j’aimais chercher les façons les plus optimales de terminer les combats en prenant le moins de tours possibles. Puisque les personnages jouables et d’autres spécificités gameplay s’ajoutent au fil du jeu, j’ai pu voir une véritable évolution dans ma maîtrise du système de jeu qui était très satisfaisante. Malgré tout, je dois reconnaître que la difficulté n’est pas vraiment au rendez-vous et que certains personnages ont moins d’intérêt que d’autres.
Quand vous ne combattez pas, le jeu passe dans sa phase Visual Novel pour se concentrer sur l’histoire et les personnages. C’est également l’occasion de partir en exploration, une sorte de jeu de plateau lors duquel vous trouvez des ressources permettant d’améliorer vos aptitudes de combat. Je n’étais personnellement pas fan du concept puisque plusieurs malus sur le plateau me paraissaient trop aléatoires. Par la suite, il devient possible de passer directement à la fin de la phase pour obtenir les récompenses. De ce fait, cet aspect du gameplay ne m’a pas trop dérangé. Plusieurs autres éléments de gameplay viennent parfois entrecouper les séquences de dialogue.

Cent fins pour un jeu sans fin
Qui dit « Visual Novel » dit « scénario » et « lecture ». En vérité, vous passez la majorité de votre temps à lire dans The Hundred Line -Last Defense Academy-. C’est une histoire qui prend son temps : entendez par là qu’il n’y a pas pléthore de nouvelles informations à chaque jour de jeu. On se concentre davantage sur les personnages, leur développement personnel et les liens entre eux, tandis que de nouveaux éléments sont introduits petit à petit.
La particularité de la narration est dans sa structure. Au fil du jeu, vous effectuez des choix dont les conséquences changent drastiquement la suite des événements. Ces issues constituent des routes qui se concentrent généralement sur un élément différent du monde ou du scénario et ont souvent des ambiances très différentes les unes des autres. Parfois, vous assisterez à des morts horribles. D’autres fois, vous rigolerez de certaines scènes. D’autres encore, vous attendrez avec impatience de passer à une autre route. Le jeu se dessine comme une anthologie d’histoires : on peut les dissocier les unes des autres, mais elles forment un tout.
La promesse des créateurs est la suivante : un jeu proposant cent fins, mais où n’importe laquelle peut être considérée comme « la vraie fin » de l’aventure. En vérité, plusieurs d’entre elles ont plus des airs de mauvaise fin qu’autre chose, tandis que certaines routes ne sont pas assez concluantes pour être considérées autrement que comme une quête annexe. Dans l’idée, ce n’est pas vraiment un souci. Seulement, il est impossible de savoir sur quel type de route un choix va nous mener, ce qui peut être frustrant quand l’on souhaite se concentrer sur certains mystères principaux de l’aventure. De plus, toutes les routes ne se valent pas qualitativement parlant. Certaines d’entre elles sont très bien écrites et développent davantage le monde et les personnages, tandis que d’autres sont une véritable perte de temps. Cela est d’autant plus dommageable que certains points du scénario ne trouvent pas de résolution après 170h de jeu.
J’ai fait le choix de découvrir les cent fins du jeu… et je ne le regrette pas. Certes, je n’ai pas pris de plaisir à chaque heure de jeu. Cependant, la conclusion n’aurait pas été aussi satisfaisante si je m’étais contenté de suivre un guide pour voir seulement les routes majeures. La plus grande force de The Hundred Line -Last Defense Academy- réside dans ses personnages et chaque route est l’occasion de les voir sous un nouveau jour, aussi bizarre qu’il puisse être. Même si j’ai mes préférences, je pense qu’il est difficile de détester un d’entre eux vu ce que chacun apporte à la vie du groupe.

Conclusion
L’impression que The Hundred Line -Last Defense Academy- m’a laissé est si forte qu’il m’est difficile de la retranscrire avec des mots. Je pourrais passer des heures à en parler, mais trop en dire serait prendre le risque de ruiner la découverte. C’est une expérience très riche qui aurait pourtant gagné à l’être moins. C’est un investissement de temps indéniable que je conseille vivement d’étaler sur la durée. C’est un jeu qui prend son temps et qu’il faut considérer comme tel.
Parfois, il me tardait d’arriver au terme de ces cents fins. Aujourd’hui, une part de moi espérait en voir un peu plus. J’aurais aimé que certains points scénaristiques soient résolus et mes soirées aux côtés de ce groupe d’amis attachants vont définitivement me manquer.
The Hundred Line -Last Defense Academy- m’a proposé cent fins… mais il m’a laissé avec l’étrange impression de ne pas en avoir vu une seule.
️ Mes plus
- Un système de combat stratégique, proche du jeu de réflexion...
- Une histoire extrêmement riche et aux nombreuses ramifications...
- Des personnages marquants, attachants et qui ne perdent jamais en saveur
- Une lecture agréable dans laquelle il est aisé de s'investir pleinement
Mes moins
- ... pour des affrontements beaucoup trop faciles
- ... mais à la qualité très inégale selon les routes empruntées
- Des éléments scénaristiques laissés en suspens et/ou pas assez développés
- Pas de traduction française (mais il est difficile de leur en vouloir)
Trailer de lancement




