Remaker, remanier, magnifier.
Conditions de jeu
Joué intégralement sur Steam Deck, pendant 40 heures.
Réaliser le remake d’une saga et commencer par le second épisode c’est osé. C’est surtout le signe de la confiance que porte Square Enix à cet épisode initialement sorti sur PS1 et qui mérite de s’y pencher.
Remake du 2 avant de remaker le 1 ?
C’est pas banal de commencer par le deuxième épisode d’une saga. C’est encore moins banal lorsqu’il se situe immédiatement après l’histoire du premier épisode. Alors pourquoi réaliser le remake du numéro 2 au risque de ne pas comprendre les évènements dans lequel le jeu s’inscrit ?
Sans doute car Square Enix est sûr de son fait. Ce deuxième épisode est déjà un jeu complet au gameplay dense et détaillé qui méritait un rafraîchissement graphique. C’est là la principale avancée de ce remake. La DA est revue pour coller aux moyens, ambitions et goûts du jour. C’est, je trouve, très réussi. On plonge rapidement dans cet univers coloré, fin, qui fourmille de détails et qui consacre l’ensemble de son art à mettre en avant ses protagonistes.
Dès le début de l’histoire, il s’agit de choisir entre 2 personnages, dont on ne connaît rien, pour débuter cette aventure. Si on peut choisir plus tard de contrôler un autre personnage que celui choisit, ce choix guide le début de l’aventure et introduit l’histoire avec un angle très différent selon si l’on choisit Rena ou Claude. Et c’est toujours une bonne chose que le choix de ce personnage ne soit pas qu’esthétique ou de gameplay. Il m’est important que cela influe sur l’histoire ou du moins l’angle par lequel on la perçoit, on nous la présente.
Cette histoire, parlons-en. Selon que l’on incarne Rena ou Claude, le début de l’aventure est nécessairement différent car, même si leur rencontre intervient rapidement, chacun commence seul de son côté et rencontre l’autre. Aussi, le point de départ est différent. Ensuite, l’intrigue est différente. Selon que l’on incarne Rena ou Claude, les enjeux ne sont pas les mêmes. J’ai pour ma part fini le jeu avec Rena. C’était captivant. On retrouve les ingrédients d’un bon shonen, voire d’un bon RPG japonais à savoir un personnage principal attachant qui vit sa petite histoire dans la grande histoire de l’univers dans lequel il évolue. Et je suis particulièrement sensible aux histoires où celle de notre héro se développe parallèlement ou concomitamment avec la plus grande histoire de l’univers dans lequel il s’inscrit. Les niveaux de lectures sont donc multiples et les enjeux à différents niveaux témoignent de la complexité des situations connues par les protagonistes. C’est autant de nuances qui font la richesse d’un scénario. Et ce second volet des aventures de l’océan d’étoiles ne déroge pas, la petite histoire de notre héroïne s’inscrit et évolue avec la grande histoire de cet univers déjà développé dans Star Ocean premier du nom.
L’histoire se déroule 20 ans après les évènements du premier épisode. Cela étant dit, il n’est pas absolument indispensable de maîtriser l’histoire du premier volume pour comprendre celle-ci. Ce qui doit être compris est expliqué ici afin de ne perdre personne. Et le déroulement des évènements suit sa propre trame qui ne laisse personne de côté.
Un RPG d’action avec build très très détaillé.
On se trouve ici face à un RPG orienté action. A la manière du premier épisode, et comme dans la série des Tales OF, les combats se réalisent au sein d’une arène qui s’ouvre au moment où se déclenche le combat. Les combats se déroulent en temps réel. Le joueur contrôle l’un des personnages et peut frapper directement, comme un Action-RPG, les ennemis ou déclencher des sorts qui nécessitent un temps de chargement. Durant le chargement du sort, l’ennemis peut faire échouer le déclenchement. Et réciproquement, il nous est possible de faire échouer le déclenchement des sorts des adversaires.
Les combats ne sont pas aléatoires. Les ennemis apparaissent sur la map qu’on parcourt ou dans les donjons et sont colorés selon leur niveau difficulté : vert plus faible que soi, bleu d’un niveau équivalent ou presque, rouge d’un niveau bien plus élevé que soi. Cela n’augure pas de la réussite ou non du combat à venir, mais, on est prévenu, le combat sera particulièrement difficile face à un adversaire rouge. Les combats s’engagent en entrant en contact avec l’ennemi représenté sur la carte. Si on le rencontre en le touchant dans son dos, on bénéficie d’un avantage, il est stun un petit instant. S’il nous touche dans le dos pour engager le combat, alors nous sommes stun. Petite subtilité, les combats en chaîne. Lorsque plusieurs ennemis se rapprochent les uns des autres, un lien apparaît entre eux. Rencontrer l’un d’entre eux va déclencher un combat en chaîne, c’est-à-dire que les combats s’enchaîneront contre chaque ennemi consécutivement sans possibilité de se soigner hors combat. L’avantage à ces combats difficiles ? L’XP accumulée est nettement plus importante.
De l’XP, pour quoi faire ? Il y a plusieurs points à utiliser. Y’a l’XP qui va augmenter mécaniquement les niveaux de nos persos et, ce faisant, leurs stats. Puis, il y a les points de bataille qu’on accumule et qui permettent d’améliorer les compétences de nos persos. Enfin, il y a les points de competence qui permettent de spécialiser nos persos. Il s’agit ici de développer des techniques (alchimie, écriture, musique…) qui vont permettre d’améliorer certaines stats de nos persos (HP, MP, force…) mais également de lui permettre de réaliser des actions, hors combats. Ces actions vont de la création d’équipement, d’arme, d’améliorations comme de recette de cuisine, de musiques, de livre qui vont permettre d’augmenter certaines stats, de tableaux qu’on pourra monnayer etc, etc, et j’en passe tant il y en a et qui permettent d’améliorer nos personnages. L’investissement vaut la chandelle car on obtient toujours quelque chose à valoriser ça ou là, dans les stats de nos persos, en monnaie du jeu, en XP… Et c’est particulièrement intéressant.
S’agissant des combats à proprement parler, il est nécessaire de constituer une équipe de 4 personnages au maximum. On peut leur donner des consignes, de manière traditionnelle (soigner, attaquer, utiliser peu de PM, utiliser des objets de soins…). On peut également leur donner une consigne quant à la cible de leur attaque (cibler des ennemis différents, cibler le même ennemi, empêcher les adversaires de lancer des sorts…). A côté de ça, on organise son équipe selon des formations. Ces formations vont déterminer la position de chaque personnage de l’équipe selon la ligne d’attaque choisie (en carré, en ligne, en retrait, etc…) Selon les positions choisies, cela donne des bonus / malus quant aux ennemis. Ainsi, certaines formations vont booster les gains d’XP et de monnaie, d’autres vont augmenter l’attaquer, d’autres augmenter la défense. Ces bonus s’obtiennent grâce à un système de combo qui permet de remplir 3 niveaux. Une fois au max, les bonus max déterminés par la tactique seront versés à la fin du combat. Mais le positionnement qui résulte de la tactique choisie va exposer plus ou moins nos personnages aux attaques adverses. Certains vont se retrouver très près des adversaires dès l’entame du combat, ce qui les expose à se faire frapper rapidement. D’autres tactiques vont coller nos personnages au fond de la ligne d’attaque, ce qui les tient particulièrement loin des ennemis qui ont alors tout le loisir d’asséner des sorts qui demandent un temps de charge. Bref, avantages et inconvénients, toujours bien pensés.
Et pour aller encore plus loin, les personnages qui ne sont pas retenus dans l’équipe déployée peuvent venir donner un coup de main en déclenchant leurs attaques avec les touches de la croix directionnelles. On choisit ainsi quel personnage et quelle attaque de ce personnage assigner à une touche de la croix et il s’agira de les lancer au cours des combats tout en respectant un cool down.
Cela offre un jeu avec une finesse de gameplay assez incroyable. On a le sentiment que l’on peut tout paramétrer et que tout exercera une influence sur le sort de nos combats. En s’investissant un minimum, on parviendra donc à maîtriser les combats, à vaincre nos adversaires et à aller au bout de l’aventure.
Il ne faut pas oublier, dans ce tableau, la beauté des décors, la variété des biomes et l’existence d’énigmes et autres casse-têtes présents dans les donjons qui vont varier les situations de jeux. C’est toujours réussi et toujours plaisant. Le jeu nous pousse à l’exploration que ce soit par les coffres à découvrir et leurs récompenses que par un système de points d’intérêts à découvrir dans tout le jeu qui ravira les complétionnistes et qui récompensera d’XP ceux qui prennent plaisir à se balader et faire progresser leurs personnages.
Enfin, un système de liens entre les personnage vient compléter les choses. En basculant vers des quêtes d’amitié, il est possible de déclencher des dialogues et autres saynètes dans lesquelles nos personnages vont évoluer. Cela va permettre de déployer certains pans de leurs personnalités. Cela va également être le moment de resserrer les liens entre ces personnages, liens qui permettent de faire progresser nos personnages. Ainsi, tout contribue à renforcer nos héros. Il s’agira de pousser chaque action pour augmenter plus rapidement ou bien de suivre le cours du jeu pour progresser plus lentement mais en se donnant moins l’impression de s’éparpiller. Il y en a pour tous les goûts.
Alors, c’est un excellent jeu ?
Evidemment. Remaker un excellent jeu, en peaufinant l’aspect graphique c’est forcément une bonne idée. C’est un jeu avec une histoire intéressante. Il y a mieux, soyons clairs, mais elle est prenante, bien écrite. Les péripéties s’enchaînent avec fluidité. C’est un plaisir à découvrir. C’est un plaisir à parcourir. Le système de combat, de build est tellement complet et accessible qu’il comblera les afficionados du build tout en ne rebutant pas les néophytes. Il reste simple d’accès, pose clairement les intérêts de chaque élément à personnaliser. On peut s’y plonger comme le survoler et on y trouvera toujours un intérêt et le sentiment d’avoir personnalisé son expérience.
️ Mes plus
- Une histoire intéressante...
- Une DA réussie...
- Des systèmes complets, passionnants et accessibles.
Mes moins
- ... mais parfois simpliste.
- ... mais qui ne plaira pas à tous.










