Faut-il changer de héros pour renouveler une saga? Vous avez 8 heures.

Conditions de jeu

Joué intégralement sur le cloud Xbox du gamepass via une Xbox One S branchée à la fibre.

Alors, que dire? C’est un Ninja Gaiden. Donc, c’est difficile. Ca tabasse. Dur. Et ca saigne. Enormément. C’est particulièrement gore. C’est très bien fait, bien animé sauf que les animations se limitent aux combats. Les finishs sont top. Ils sont variés et leurs effets sont toujours plaisant. C’est ultra plaisant, défoulant. Y’a beaucoup de second degré. C’est grandiloquent. Grandguignolesque. Les combats sont fun. Ca parle de quoi déjà?
Un ninja, pas Ryu Hayabusa contrairement aux épisodes canoniques de la saga, mais un certain Yakumo qui fait partie du clan du corbeau et qui doit tuer le dragon noir… enfermé par Ryu Hayabusa il y a nombre d’années. C’est bateau. C’est même très nanar dans l’esprit.
Plusieurs biomes différents, mais à peu près toujours dans les mêmes tons. C’est gris, noir, foncé. Il pleut. C’est tristoune. Le monde est en péril alors faut rien de joyeux…

 

Combat dans 3, 2 1…

Une aventure au rythme des combats

Comment ça se déroule? C’est un beat’em’all (up?) où le but du jeu est de défourailler des hordes d’ennemis envoyées en boucle et parfois en raison d’un portail qui adresse infiniment ces mêmes ennemis. De temps à autre, un boss, plus ou moins difficile. Le bestiaire n’est pas si varié que ça. On retrouve certains ennemis plusieurs fois et on n’est pas ébloui par la diversité qui existe malgré tout. Petite subtilité intéressante, lorsqu’un ennemi est en partie démembré (je l’ai dit que c’était gore, non?), il éprouve certaines difficultés à se déplacer et donc à nous attaquer. Aussi, son désappointement se traduit en une furie qui le rend bien plus agressif à notre contact, plus violent et il nous inflige donc plus de dégâts à cette occasion.

Le level design est discutable. Les mondes ne sont pas très bien faits, pas très intéressants. L’exploration est inintéressante. Elle amène à récolter certaines pièces qui permettront à termes d’augmenter la jauge de vie maximale et à trouver les zones d’épreuves. Parfois, elles permettent d’atteindre certains ennemis spéciaux visés dans les missions à accomplir, sortes de quêtes annexes ineptes.

D’abord, les épreuves. En explorant, l’on tombe sur des zones dédiées aux épreuves, qui consistent à abattre des vagues d’ennemis dans une arène dédiée. Le niveau de difficulté augmente avec l’ajout d’un handicap. Pas passionnant. Ca permet de débloquer des bonus que je n’ai pas atteint à titre perso tant cela ne m’a pas passionné.

Ensuite, les boutiques. Régulièrement, dans les niveaux sont installés des points de contrôle accompagnés de boutique d’objets de santé notamment et d’une boutique de compétences dans laquelle il est possible de sélectionner et valider des missions annexes à réaliser ou déjà réalisées. Comment cela se présente? Eh bien on interagit avec des personnages de l’aventure en charge de ces boutiques. L’une permet d’accéder aux objets de soins et de combats. L’autre d’acheter des compétences et de réaliser des missions annexes.

Ces missions annexes ne sont que des prétextes pour farmer des objets / accessoires à équiper / des monnaies. Bref, un système de quêtes annexes sans intérêt (attraper tant de cet animal dont on se fout, tuer tant de monstres de telle sorte… ). Prétexte, je l’ai dit. C’est donc ni intéressant, ni stimulant. Et parmi ces missions, abattre un ennemi récurrent qui se dissimule dans une partie du niveau qu’il faut chercher en explorant.

Aussi, si l’on se balade et qu’on défouraille tous les ennemis et qu’on explore, les missions se cochent quasiment d’elles-mêmes. Si on ne le fait pas? Bah on se prive de bonus. Rien n’incite franchement à les faire tant elles ne sont ni plaisantes ni amusantes.

 

L’histoire prend place dans un Tokyo futuriste qui reprend quelques codes des univers Cyberpunk.

Ninja avant tout

Ninja Gaiden c’est avant tout un beat’em’all exigeant, précis. Agrémentés des connaissances et de la maîtrise de Platinum Games, qui apporte son soutien à la Team Ninja, les combats sont denses, complexes, souvent difficile. Ils demandent une maîtrise des combos, des parades, des esquives. La parade et l’esquive sont nativement montées sur la même touche, de telle sorte qu’un mouvement en plus de la touche fera esquiver, et appuyer sur cette touche sans bouger permettra la parade… qui est limitée. Il s’agit alors de débloquer un nombre de parades consécutives possible au fur et à mesure. Aussi, plus l’on booste son perso au niveau des parades, plus il peut parer de coup d’affilés.

La parade permet également un système de contre, tout comme l’esquive. Reste à débloquer ces aptitudes avec les monnaies du jeu. Il y en a 2, l’une, le Karma s’obtient en tuant des ennemis, sorte d’XP classique. L’autre est ramassée en tuant les ennemis, dans des coffres, ou lorsque le nombre maximal d’une sorte d’objet dans l’inventaire est atteint, tout nouvel objet de cette même sorte est converti automatiquement en monnaie.

Il y a pléthore de compétences à débloquer. Que ce soient celles liées au perso ou celles liées à l’arme portée, elles paraissent infinies. Notre héros peut s’équiper de 4 armes différentes qui sont autant de gameplay différents. C’est intéressant, bien fait et ça donne vraiment un intérêt à jouer telle ou telle arme. Les animations de finish sont donc adaptées selon les armes et c’est plaisant de découvrir les animations propres à chacune d’entre elles avant de choisir celle que l’on préfère manier.

On ajoute à cela une jauge à remplir à force de porter des coups qui permet de frapper plus fort lorsqu’on l’active et une deuxième jauge qui se remplit également à mesure des combos qui permet de basculer dans une sorte de furie surpuissante et on obtient un gameplay de combat complet, précis et qui incite naturellement aux combos.

C’est donc très technique, certainement réservé aux habitués du genre et aux passionnés du scoring, dont je ne fais pas partie, mais qui devraient y trouver leur compte, bien plus que ceux qui y cherchent du fun pur.

 

Quand le héros lit dans nos pensées…

Fun? Ou Cringe?

C’est à dire que la saga en 3D a toujours surfé sur des combats très sérieux, un style graphique très mature, de la violence, du gore mais avec un second degré particulièrement prononcé qui a amené les devs à proposer des scènes parfois particulièrement loufoque. Et cet épisode ne déroge pas à la règle. Ainsi, rapidement, on se retrouve à grinder sur un long rail installé… sans raison particulière dans notre niveau (je vous ai dit que le level design n’était pas ouf?). Rail à partir duquel on peut sauter, s’agripper avec notre grappin vers les autres rails, ou des crochets suspendus, ou des parois qui sont toutes et tous présents sans logique apparente autre que, bah ça fait un parcours fun. On doit aussi y éviter des trains qui sortent de nulle part donc et qui vont nulle part à part sur nos tronches.

Bref, le fun pour le fun, c’est toujours discutable. Et là ça ne prend pas franchement. Particulièrement car le gameplay associé est davantage celui d’une série de QTE (ou quick-time-event) plutôt que d’un jeu de plate-forme qui demande de la réflexion et de l’analyse. En un mot, j’ai cru jouer, à ce moment-là, à un runner sur smartphone type Subway Surfers. Et on n’est pas ici dans ce que je peux considérer, même de loin, comme un compliment.

Il en va de même pour les quelques autres passages délirants de la sorte, que je ne veux pas spoiler pour laisser la découverte intacte, mais qui n’offrent en terme de gameplay que de diriger vers la droite ou la gauche pour éviter les obstacles, pour l’un, et de droite à gauche et de haut en bas pour l’autre pour se frayer un chemin.

Ce qui est donc censé rythmer l’aventure, varier les plaisir, alourdit le jeu et l’encombre de moment peu plaisants, voire déplaisant. Et ça terni nécessairement l’impression globale du jeu.

 

Alors, c’était bien quand même?

Ca m’a pris une quinzaine d’heures pour y venir à bout, même si le compteur de chaque niveau me dit la moitié moins, il ne prends pas en compte le die and retry.

C’était intéressant, lorsqu’on était dans les combats et les boss sont assez réussis en ce qu’ils sont grandioses, violent, terrifiants, difficile. Les niveaux ne sont pas plaisants à parcourir mais permettent de s’entrainer, de farmer les monnaies etc. Ils conservent leur intérêt. L’histoire, dans son ensemble, n’est pas transcendante, mais ça a toujours été le cas jusque là. On reste sur un scénario serie B, voire Z. Et c’est très bien. Les quelques clins d’œil où le jeu se parodie lui-même sont intéressants et intelligents. Il rappelle, avec son scénario, ses gimmicks et ces clins d’œil, donc, qu’il n’est qu’un jeu dont le but est de divertir. Il s’égare lorsqu’il veut trop divertir car ces séquences sont ratées. Il y parvient dans ce qu’il fait de mieux, les combats. Mais, à ce niveau, il ravira davantage les inconditionnels du genre plutôt que les joueurs de passage.

️ Mes plus
  • Des combats épiques.
  • Un gameplay complet qui permet de varier les plaisirs et demande de la maîtrise.
  • Des graphismes et des animations globalement soignés.
Mes moins
  • Des missions annexes sans intérêt.
  • Des passages se voulant fun complètement ratés.
  • Des biomes tristounes.

Ghouliste

À propos du rédacteur

Ghouliste

Joueur depuis la NES et les bornes d'arcade, je garde ancré au plus profond de mon cœur la Dreamcast et la Gamecube et un goût pour le gameplay et les jeux délirants et innovants. Je découvre sur le tard les JRPG de vos enfances et je rattrape mon retard sur consoles portables (Switch 1/2 et Steamdeck).

Par Ghouliste13 novembre 2025

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