Je n'aurais jamais pensé y jouer de ma vie
Conditions de jeu
Joué sur PC, en multijoueur uniquement (grâce au mod Seamless Co-op).
Depuis plusieurs années, je retrouve deux amis tous les vendredis soirs pour discuter et partager un jeu vidéo ensemble. Parfois, l’un d’entre nous joue et partage son écran aux autres. D’autres fois, nous trouvons un jeu multijoueur et faisons l’aventure ensemble. Parmi ces derniers, un grand nom du jeu vidéo a ponctué nos semaines grâce à son mod multijoueur : Elden Ring.
Dans notre groupe, nous étions deux à avoir une expérience très limitée, voire inexistante, avec le genre du Souls-like… et autant dire que nous n’étions pas particulièrement enchantés à l’idée de nous lancer dans une aventure dite « difficile et exigeante ». Malgré tout, je restais intéressé par le fait de découvrir un nouveau genre de jeu. Et puis, grâce au mod, nous transformions un jeu solo en un jeu pour trois joueurs chapeauté par une personne déjà expérimentée. Dans ces conditions, la difficulté attendue me paraissait bien plus abordable et supportable – ma patience étant bien plus grande lorsque cela concerne nos sessions du vendredi soir -.
Sachez que ce mod n’est pas officiel et n’est donc pas l’expérience de jeu pensée par les développeurs. Mon avis sur le jeu se limite à ce que propose ce mod, le tout agrémentée de quelques connaissances apportées par mon ami sur son expérience solo.

Un titre exigeant, mais une difficulté bien pensée
Il y a tellement à dire sur Elden Ring que j’ai du mal à trouver les mots pour lancer cette partie. Faisons simple : commençons par le début. Lorsque vous lancez le jeu, vous customisez votre personnage de la tête aux pieds (avant de vous rendre compte qu’il aura une tête… particulière en jeu) et choisissez votre classe. Certaines sont plus axées attaque physique, d’autres magie, tandis qu’une d’entre elles vous fait commencer niveau 1. Le choix semble important, mais il ne sert que de fondation pour la suite de votre aventure. En effet, lorsque vous montez de niveau, il vous revient d’attribuer un point de compétence dans la catégorie de votre choix. Cela vous permet ainsi de façonner votre personnage au gré de vos envies (d’autant plus qu’il est possible de changer la répartition plus tard dans l’aventure).
La répartition des points de compétence joue également un rôle quant aux pièces d’équipement que vous pouvez maîtriser, puisqu’un minimum de points d’une ou plusieurs compétences est attendu pour chaque arme et sort que vous trouvez. Par ailleurs, vous pouvez attribuer des cendres à votre arme afin d’obtenir l’accès à une capacité, voire améliorer les bonus de dégâts de votre arme.
Et ainsi, vous voilà le plus fort de tout l’Entre-terre… ou pas. Peu importe vos stats, vous ne surmonterez pas les boss sans apprivoiser le système de combat. Chaque boss présente son propre fonctionnement et ses propres compétences, qu’il vous faut apprendre à esquiver efficacement pour en venir à bout. Et pour cela, il va sans dire que plusieurs essais vous seront demandés pour y parvenir… tout du moins, pendant un temps. À mon sens, là est toute la force d’Elden Ring : on ne le remarque pas, mais on progresse. Par là, j’entends que le joueur devient meilleur au fil de l’aventure. Je nous vois encore avoir du mal contre certains boss de début de jeu alors que nous ne faisions qu’une bouchée de certains autres par la suite. Parfois, nous ne jouions pas pendant deux à trois semaines et les réflexes nous revenaient presque aussitôt. Bien sûr, l’amélioration de notre équipement nous a aussi aidé pendant un temps. Mais une fois ce dernier amélioré au maximum (relativement tôt dans mon cas), il devient évident que le changement est finalement de notre côté et cela procure une satisfaction indéniable.
Maintenant voilà, nous avons fait le jeu à trois. Or, il s’agit normalement d’une expérience solo. De plus, l’un d’entre nous avait déjà terminé le jeu auparavant et nous a servi de guide au fil du jeu. Dans ces circonstances, pouvons-nous dire que le jeu était plus facile ? En vérité, tout dépend du combat. Déjà, pour compenser le fait que nous soyons trois, les ennemis avaient tous trois fois plus de vie. Cela complexifiait certains affrontements qui pouvaient traîner en longueur même sans cela, tandis que d’autres n’étaient pas de taille grâce à notre nombre. Dans le même ordre d’idées, les ennemis doivent choisir une cible parmi nous trois lorsqu’ils attaquent : un avantage lorsque plusieurs ennemis sont présents ou pour laisser le champ libre aux autres, un inconvénient puisqu’on ne sait pas toujours qui l’ennemi va viser et que cela fait qu’il risque de trop s’éloigner d’un attaquant au corps-à-corps.
En bref, tout dépend du contexte. Selon mon ami, la plupart de nos combats lui paraissaient quand même plus faciles en multijoueur (mais il convient de ne pas oublier qu’il avait déjà de l’expérience grâce à sa partie solo).

Un monde beau, vaste et incompréhensible
On connaît les jeux FromSoftware pour leur exigence, une signature qui leur colle à la peau. Cependant, Elden Ring ne se limite pas à cela. C’est également un jeu d’exploration en monde ouvert qui cache des merveilles à chaque détour. Les environnements sont variés et surtout très originaux. Certains semblent tout droits sortis d’une peinture surréaliste, si bien que je ne pouvais qu’applaudir les artistes pour leur créativité. Partout où vous allez, il y a des choses à faire : des mines à explorer, des ruines pleine de monstres à décimer, des villages abandonnés et autres joyeusetés vous attendent aux quatre coins de l’Entre-terre. Partager l’expérience en multijoueur me donnait presque l’impression de jouer à un MMO avec ses raids et ses missions à réaliser en équipe, un style qui fonctionnait bien avec notre rythme de jeu de quelques heures par semaine.
Seulement voilà, j’aime aussi les jeux pour leur aspect narratif… et malheureusement, je n’ai pas été servi avec Elden Ring. Le jeu présente plusieurs personnages, plusieurs contextes, plusieurs dialogues qui laissent entrevoir la profondeur de ce vaste monde… mais au bout du compte, tout paraît incompréhensible et l’impact des cinématiques – à la réalisation pourtant impeccable – tombe fatalement à plat. Les dialogues sont souvent cryptiques, les objectifs flous, l’importance des autres personnages pas du tout claire et j’en passe. Certes, on obtient là un cocktail efficace pour nous plonger dans une expérience un peu obscure où l’on est mené à reconstituer les morceaux soi-même. Cependant, le jeu est tellement peu clair dans les quelques éléments qu’il délivre que la narration devient un puzzle plus difficile que les combats… Autant dire que je n’ai pas suivi grand-chose et que mes seules informations viennent d’une analyse vidéo que mon amie a regardé.
Ce point concernant le scénario est d’autant plus dommageable qu’en découle alors un autre problème : un sentiment de répétitivité qui finit par s’instaurer. Explorer, combattre des boss, reprendre… Sur le papier, tous les RPGs fonctionnent un peu comme cela. Mais sans histoire pour porter l’expérience, il en résulte la sensation de simplement enchaîner les combats à l’image d’un boss rush. Aucune satisfaction scénaristique, voire même matérielle, au terme d’un combat de boss : il faut se contenter du fait de l’avoir battu. Parfois, on ne sait même pas vraiment pourquoi il nous faut combattre tel boss, si ce n’est qu’il se trouve sur notre route.
Notre partie nous a pris pas moins de quatre-vingt heures et j’ai dû ressentir une forme de lassitude plus ou moins à la moitié du jeu. En solo, j’aurais probablement passé moins de temps sur le jeu, mais j’aurais été lassé encore plus rapidement. Pour moi, le fait de vivre l’expérience en multijoueur a grandement contribué à la rendre agréable. Certes, je ne trouvais pas mon compte en termes de narration. Cependant, j’y ai trouvé un intérêt grâce au partage avec mes amis, qui rendait d’autant plus euphorique nos victoires contre certains boss retors.

Conclusion
Si j’avais joué seul à Elden Ring, je n’aurais probablement pas apprécié l’expérience proposé. J’aurais probablement tenté de foncer jusqu’à la fin pour en finir au plus vite… si je m’étais motivé à le terminer. De ce fait, le mod multijoueur m’a permis de trouver un point d’accroche. Cela m’a donné une raison de prendre mon temps d’explorer un univers riche en surprises. Cela m’a permis de démystifier la soi-disant difficulté insurmontable des jeux FromSoftware pour découvrir un jeu exigeant, mais dans le bon sens du terme. Dans l’ensemble, j’ai passé un excellent moment sur Elden Ring avec mes amis. Cependant, je sais que je n’aurais jamais lancé le jeu si j’avais été seul.
À mon sens, ce mod a été l’excuse parfaite pour me faire découvrir le GOTY 2022 et je recommande à ceux n’appréciant pas l’expérience solo de la retenter en multijoueur pour se faire une autre idée. Mais malgré l’insistance de mon amie, je ne suis pas encore motivé à remettre le couvert avec le DLC…
️ Mes plus
- Une aventure qui se prête au multijoueur
- Un monde vaste que l'on a envie d'explorer
- Une difficulté maîtrisée, loin de l'artificialité de la plupart des jeux du genre
- Une courbe de progression du joueur que l'on ne discerne pas, mais qui existe bel et bien
- De très beaux panoramas, aussi bien techniquement qu'artistiquement
- Une OST épique qui sert l'ambiance du jeu
Mes moins
- Quelques bugs de synchronisation gênants en multijoueur
- Une histoire cryptique et peu compréhensible
- Des problèmes de caméra contre certains boss
- Répétitif et un peu lassant sur la durée
Trailer du mod Seemless Co-op




