Quand AI: The Somnium Files rencontre Zero Escape...

Conditions de jeu

Joué sur Nintendo Switch, majoritairement en mode docké.

Pour les amateurs de Visual Novels, le nom « Zero Escape » éveille beaucoup de souvenirs. Pour cause, cette série forte de trois épisodes (initiée par 999: Nine Hours, Nine Persons, Nine Doors sur Nintendo DS) a su fédérer une communauté de fans grâce à son scénario aussi haletant que farfelu et ses escape rooms qui ont probablement dû faire tomber plusieurs cheveux. Cette série a également construit la réputation de son créateur : Kotaro Uchikoshi, ancien employé de Spike Chunsoft et aujourd’hui co-fondateur de Tookyo Games.

La série Ai: The Somnium Files est le nouvel enfant de la Team Zero Escape. Adieu les escape rooms, place aux mondes des rêves. À l’aide de la machine Psync, vous explorez les pensées d’autrui pour progresser dans votre enquête. Selon les choix opérés, vous obtenez des informations différentes et le scénario évolue différemment. À l’instar de Zero Escape, tous vos choix ont de l’importance : chaque fin possible nécessite d’être vue afin d’atteindre le meilleur dénouement possible, soit la véritable conclusion de l’aventure.

Dernier épisode en date de la série, No Sleep for Kaname Date n’a pas été dirigé et écrit par Kotaro Uchikoshi (bien qu’il en ait supervisé l’écriture). Pour le plus grand plaisir des fans de Zero Escape (comme moi-même), ce spin-off remet au goût du jour un des éléments phares de la série : les escape rooms, un retour pour le moins triomphant.

Hôtesse de l’escape game, Akemi vous en fait voir de toutes les couleurs.

L’escape game à la mode virtuelle

Pour les personnes qui ne seraient pas familières avec le genre, les escape rooms sont des pièces, ou agencement de pièces, dans lesquelles il faut résoudre des énigmes afin d’en sortir. Traditionnellement, on les retrouve dans le cadre des escape games, des activités à réaliser seul ou en groupe dans des salles physiques. Ici, ce sont des versions jeu vidéo du concept qu’il est possible de découvrir.

Dans Zero Escape, les escape rooms sont présentés à la première personne et la caméra ne peut qu’être pivotée sur elle-même, les déplacements se faisant lors d’une interaction. Dans No Sleep for Kaname Date, elles sont à la troisième personne et on se rend directement aux objets avec lesquels on souhaite interagir. On y incarne Iris, personnage central du premier épisode, qui bénéficie de l’aide à distance de Kaname Date et sa partenaire Aiba.

La première escape room se veut plutôt simple dans sa présentation : une seule pièce et quelques éléments interactibles font guise de tutoriel et permettent de garder un fil rouge aisé à suivre. Par la suite, les escape rooms gagnent en complexité puisqu’Iris ne sera plus le seul personnage que l’on incarne. Il revient donc de jongler entre les captifs, d’explorer plusieurs salles et de recouper les informations entre elles pour que tout le monde puisse s’en sortir.

Pour ma part, j’ai été conquis par les escape rooms. Si deux énigmes m’ont particulièrement posé problème (au point que l’on m’aide à trouver la réponse), la plupart du contenu était très clair – sans pour autant être trop simple – et la progression très fluide. Pourtant, avec les personnages multiples et les différents éléments interactibles des salles, il m’arrivait souvent de me sentir envahi d’entrée de jeu – une inquiétude infondée, puisque le cheminement est toujours construit d’une façon qui le rend intuitif, tandis que les éléments inutilisés trouvent naturellement leur place par la suite. Chaque escape room a son propre thème et ses propres mécaniques qui font de chacune d’entre elles une expérience à part.

Dans l’ensemble, le jeu propose une courbe de difficulté bien gérée et satisfaisante. Si les énigmes posent toujours problème, il est possible de changer le niveau de difficulté au début de l’escape room, puis en cours de jeu lorsque vous effectuez les mêmes inspections plusieurs fois. De même, dans certains modes de difficulté, une option permet d’afficher tous les éléments interactibles de la pièce visitée et d’indiquer l’élément à inspecter pour continuer – une option non négligeable puisqu’elle peut vous indiquer que la progression se trouve du côté d’un autre personnage.

Néanmoins je dois citer deux points négatifs vis-à-vis de ces escape rooms. Tout d’abord, ceux-ci sont peu nombreux. Cela s’explique par la durée de vie relativement courte du jeu (un peu plus d’une dizaine d’heures, probablement dû à son statut de spin-off), mais les joueurs de Zero Escape ont été habitués à plus. L’autre souci, c’est que les escape rooms sont très détachés du scénario et semblent parfois un peu placés au hasard dans la continuité de l’histoire.

Analyser votre environnement est la clé pour résoudre les énigmes sur votre chemin.

Un spin-off qui se distingue de ses aînés

Puisque je parle du scénario, venons-en à celui-ci. Si je me suis senti investi dans les escape rooms, je ne l’étais pas du tout par l’histoire. Déjà, celle-ci est relativement compliquée à suivre sans avoir le premier jeu de la série en tête puisqu’elle s’appuie dessus sans expliciter certains éléments (un problème que le deuxième opus avait déjà). Oui, j’ai joué à toute la série. Mais j’ai joué au premier opus en 2019 et je n’ai pas une mémoire à toute épreuve. C’est d’autant plus problématique qu’un système de « filtre à spoilers » est présent : répondez correctement à la question posée au début du jeu pour prouver que vous avez joué à l’opus précédent et ainsi retirer le filtre à spoilers pour les anciens de la série. Bien évidemment, je ne me rappelais pas de la réponse.

En dehors de son aspect peu abordable pour les nouveaux arrivants, le scénario est relativement faible. Tantôt décevant, tantôt prévisible, mon intérêt pour celui-ci s’effaçait au fil de ma progression. Heureusement, l’humour décalé (et un peu osé) de la série fait toujours mouche et c’est un vrai plaisir de suivre les railleries de Kaname et Aiba. Car oui, si l’on incarne Iris lors des escape rooms, on suit également le duo emblématique du premier opus alors qu’ils recherchent où leur amie a été enfermée. Les phases de jeu se découpent en deux temps : l’enquête sous forme d’un point & click et l’exploration du monde des rêves. Cette dernière, mécanique phare de la série, ne propose ici pas de fins multiples et est moins présente pour laisser place aux escape rooms, pour mon plus grand plaisir.

Lors des autres jeux, je n’appréciais déjà pas beaucoup les phases dans le monde des rêves. Celles-ci fonctionnent selon un système d’actions à effectuer, qui consomme plus ou moins de temps sur un chronomètre limité à six minutes. Des bonus permettent de réduire le temps consommé afin d’éviter d’arriver à 0 et d’échouer la mission. Sur le principe, ces phases semblent prendre la forme d’un puzzle avec un chronomètre, mais elles paraissent finalement plus aléatoires qu’autre chose. Il n’est pas rare que la bonne action à réaliser soit totalement impromptue et que vous perdiez du temps en vous trompant d’action. Accomplir la mission optionnelle de la phase (soit finir en ayant au moins une seconde au compteur après avoir réalisé la toute dernière action) nécessite parfois de faire de mauvais choix pour avoir un bonus bien précis. Pour couronner le tout, des objets à collectionner sont cachés dans chaque niveau et demandent donc d’accorder de votre précieux temps pour les retrouver. En clair, je trouve le moment bien plus laborieux qu’autre chose et souvent bizarre à suivre d’un point de vue narratif. Autant dire qu’avoir des escape rooms à la place m’était bien plus plaisant.

Malgré tout, la progression se veut ici aussi très fluide et rythmée. On passe d’une phase à l’autre naturellement, le scénario est construit de manière logique et il n’y a pas vraiment de lenteur, ce qui est appréciable pour une expérience d’une dizaine d’heures.

À vous de faire le bon choix pour progresser… Allez savoir lequel conviendrait.

Conclusion

No Sleep for Kaname Date porte bien son titre de spin-off : une ambiance et des personnages singuliers, mais un gameplay et un scénario très différents. L’absence de Kotaro Uchikoshi à l’écriture se ressent et celle-ci n’est pas de la qualité des opus principaux. À l’inverse, l’implémentation des escape rooms apporte un vent de fraîcheur – empreint de nostalgie – et vient pallier tout reproche que je pourrais faire à la narration. J’espère que l’avenir de la série saura accueillir les escape rooms de nouveau et les mêler à un scénario aussi haletant que riche en rebondissements.

️ Mes plus
  • Les escapes rooms, un véritable plaisir pour les méninges...
  • Un humour qui fonctionne toujours aussi bien
  • Un rythme bien maîtrisé
  • Une durée de vie adéquate à l'expérience de jeu
Mes moins
  • ... mais on aurait aimé en résoudre davantage
  • Un scénario en deçà des standards de la série
  • Le monde des rêves, bien moins intéressant que les escape rooms
  • Pas de traduction française

AsbelGrants

À propos du rédacteur

AsbelGrants

Ma passion pour le jeu vidéo est née à l'ère de la Nintendo 64, quand j'étais encore très jeune. Aujourd'hui, elle a fait de moi un concepteur de jeux vidéo spécialisé dans la narration. Mes goûts en matière de jeux sont très variés, tant que j'y trouve un attrait gameplay et/ou narratif.

Par AsbelGrants4 novembre 2025

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