Emuler n'est pas tromper le joueur.
Conditions de jeu
Joué intégralement en mode portable sur Switch 1.
1er épisode de la saga où l’on dirige des fourmis de couleur, Pikmin est revenu dans sa version initiale sur Switch. Il s’agit de jouer à une version GameCube émulée sur Switch. Est-ce que ça vaut le coup de lancer ça 24 ans après la sortie initiale ?
Un classique de la GameCube
Pikmin, premier du nom, est sortie en 2001 au Japon, en 2002 en Europe. La légende veut que l’idée soit apparue à Shigeru Miyamoto en observant le comportement de fourmis. Quand on sait que Zelda est né des balades sylvestres de sa jeunesse, le Monsieur a un don pour transformer ses observations de la nature en gameplay.

Pikmin raconte l’histoire du Capitaine Olimar dont la fusée s’écrase sur une planète inconnue peuplée de bêbêtes de couleur (rouge, jaune et bleue). Nous contrôlons cet explorateur qui peut contrôler ces Pikmins à l’aide d’un sifflet. Chaque couleur renvoi à des propriétés propres. Les Pikmins rouges résistent au feu et sont doués pour la bagarre, les jaunes sautent plus haut et peuvent porter des bombes, enfin, les bleus peuvent aller dans l’eau sans craindre la noyade. Parfois, il leur est donné de consommer du nectar, sorte de miel, qui va leur permettre de faire éclore la fleur qu’ils portent sur leur tête. Ils deviennent ainsi plus performants, plus forts, plus rapide. Comme s’ils avaient pris un niveau dans un RPG classique.

Le jeu se présente comme un jeu de stratégie. De micro-gestion, à vrai dire. Olimar dispose de 30 jours pour retrouver les 30 pièces de sa fusée qui lui permettront de quitter cette planète et rentrer chez lui. Dès lors, notre but est, chaque jour, de commander les Pikmins afin de retrouver et récupérer ces pièces de fusée avant la fin du délai de 30 jours… et avant la fin de la journée. Ainsi, la nuit, les monstres peuplant cette planète deviennent bien plus dangereux ce qui pousse à rentrer dans notre fusée et ranger les Pikmins dans leur oignons (oui, les Pikmins naissent dans les oignons, c’est ainsi). Les Pikmins qui traînent sur la map une fois la journée terminée, sont perdus à tout jamais. Aussi, il faut gérer l’exploration, la réalisation de tâches (rapporter un objet trouvé, détruire un mur, vaincre des monstres, récupérer de la nourriture sur les plantes qui vont permettre de créer davantage de Pikmins) doit se terminer avant la fin de la journée, à défaut de quoi, il faudra la recommencer le jour suivant.

C’est tout le sel du jeu. Il faut micro-gérer des groupes de Pikmins que l’on va constituer en attribuant des missions différentes afin de réussir le plus rapidement possible les tâches à réaliser sur le terrain que l’on explore. J’adore la manière dont c’est présenté et réalisé. Ce principe couplé à l’urgence de finir dans la journée et dans la limite de 30 journées apporte une tension permanente qui pousse à explorer au pas de charge et à organiser les Pikmins dans le détail et rapidement afin d’optimiser chaque journée. Et il n’est pas rare que l’exploration nécessite d’alterner les différents types de Pikmins car le parcours est jonché d’obstacles que certains Pikmins ne peuvent franchir.

Un jeu dans son jus
24 ans après, j’ai mis la main sur ce jeu que j’avais déjà fait à l’époque. Un doute, malgré tout, d’avoir été jusqu’à la fin tant je ne me souvenais pas du boss de fin. Deux éléments importants m’ont poussé à y jouer là, fin 2025, alors que le jeu n’est qu’une émulation de la version GameCube. Le premier est que je cherchais un jeu enfant compatible pour y jouer devant mon sidekick. Le second est que je suis amoureux de la GameCube et de cette saga. Alors, ce choix est devenu une évidence.
Un jeu dans son jus, simplement émulé. Je le répète mais c’est important. Tout d’abord car, graphiquement, il ne bénéficie d’aucun apport de la Switch en dehors de pouvoir jouer en mode portable sur son canapé là où la GameCube mobilisait la télé. Du coup, ce n’est pas si joli que ça. Le mode portable permet de relativiser, mais c’est encore dans son jus et c’est un regret. Un upgrade graphique, même au niveau d’un Pokémon random de Switch, aurait permis de profiter davantage de ces univers colorés, de ces personnages attachants et de ses animations.

C’est important de souligner que le jeu est simplement émulé car il a conservé tout son gameplay. Et c’est bluffant, car, 24 ans plus tard, c’est toujours aussi évident à prendre en main. Est-ce que c’est parce que c’est comme le vélo que ça ne s’oublie pas ou parce que le mapping des touches et le gameplay sont tellement bien réfléchis, pensés, réalisés qu’il sont intemporels ? Je pencherai pour l’excellence de ce gameplay et de ce mapping. La gestion des Pikmins se fait aisément. Olimar répond au doigt et à l’œil. Indispensable pour que l’expérience soit fluide.
Ça vaut le coup donc ?!
Ça reste un excellent jeu. Rien de neuf cela dit. C’est toujours le même jeu d’il y a 24 ans, la même version que si vous ressortez votre GameCube de votre grenier, la manette GameCube en moins. Il y a les mêmes graphismes (datés), le même gameplay (pertinent). Rien n’a changé et j’adore toujours autant ce jeu. Ça a plu à celui qui m’a accompagné à chaque partie, ce qui prouve, s’il le faut, qu’un excellent jeu ne vieillit jamais vraiment et reste à la fois actuel et moderne.
️ Mes plus
- Un gameplay toujours aussi précis, moderne et pertinent.
- Un univers attachant.
Mes moins
- Un jeu émulé vendu à prix fort au lieu de le basculer sur le Nintendo Switch Online.




