Une remontée des Enfers sur fond de drame familial

Conditions de jeu

Joué sur PC à la manette, en mode normal puis en mode Divin.

On ne présente plus Hades, le titre à succès de Supergiant Games dont les ventes décollaient dès sa sortie en early access en décembre 2018. Fort de plusieurs prix et d’une nomination au titre de jeu de l’année lors des Game Awards 2020, le jeu a indéniablement marqué le monde du jeu vidéo et bénéficie aujourd’hui d’une suite, actuellement en early access.

Je me souviens encore de la période de sa sortie. À l’époque, je reprenais tout juste les cours en présentiel après le premier confinement et j’avais plaisir à retrouver mes camarades pour notre dernière année de Master. À ce moment-là, un de mes amis découvrait la version 1.0 d’Hades, après avoir poncé le jeu lors de l’early access. Puis comme une traînée de poudre, tout le reste de la promotion s’était mis à y jouer, à partager son expérience et à avancer ensemble. Naturellement, je me suis intéressé au phénomène et je me suis lancé à mon tour. C’est comme ça que j’ai découvert le genre rogue-lite.

Mon aventure sur Hades s’est déroulée en deux temps. Fin 2020, je découvrais les mécaniques de jeu et je progressais au fil de mes tentatives d’échapper les Enfers. Au bout de vingt-trois runs, j’atteignais le boss final pour la première fois. En mai 2025, loin de la période de hype et armé de mes nouvelles expériences de joueur, je me replongeais dans ma partie et voyais les crédits défiler après dix-sept nouvelles runs.

Vous verrez souvent cet endroit… Très souvent.

Une routine faite pour être bouleversée

Pour faire simple, une run se découpe ainsi :

  • Dès le départ, un pouvoir ou une amélioration – appelé « bienfait » – qui vient changer le comportement de votre arme vous est offert. Trois possibilités vous sont proposées, dépendantes du type de bienfait récupéré. Quelques monstres sont à tuer un peu plus loin, après quoi il est possible d’ouvrir la porte menant à la suite. Au-dessus de celle-ci, une icône est affichée et représente la récompense de la salle suivante.
  • On pénètre dans une salle où se trouvent plusieurs monstres dont il faut venir à bout.
  • Une fois les ennemis vaincus, la récompense présentée plus tôt est obtenue. Les portes peuvent désormais être ouvertes et de nouvelles récompenses sont proposées, différentes selon la porte choisie.
  • Le jeu continue ainsi jusqu’à la mort ou jusqu’au moment où l’on parvient à quitter les Enfers. Chaque niveau présente un boss qu’il faut occire pour continuer son ascension.

Bien sûr, il s’agit d’un schéma simplifié. Plusieurs autres éléments peuvent intervenir, comme l’apparition du magasin de Charon ou une mission secondaire au sein d’une salle pour obtenir de l’argent.

Mais peu importe le détail de ces éléments. Ce qu’il faut retenir, c’est que leur apparition est complètement aléatoire. Vous voyez ce super bienfait qui permet de geler vos ennemis à chaque attaque ? Peut-être que vous ne le retrouverez pas lors de votre prochaine run. Ni même lors de la suivante. À la place, pourquoi ne pas essayer cette amélioration à votre attaque, qui ajoute cinq points de dégât à chaque coup porté à l’ennemi ?

En dehors des composantes aléatoires, il est possible de choisir son arme et de l’améliorer selon plusieurs axes. Lors de chaque run, on peut également trouver des ressources qui permettent d’améliorer notre personnage, en lui octroyant une deuxième vie par exemple. Des accessoires permettent également de commencer avec des bonus ou de favoriser l’apparition d’un bienfait particulier.

La plus grande force d’Hades repose ainsi sur sa personnalisation, une personnalisation tout aussi voulue que contrainte. Chaque run est l’occasion de découvrir une nouvelle arme et de nouveaux bienfaits. Selon ce que le jeu propose, on peut être amené à jouer de façon très différente. Et qui sait, peut-être que ce qui convient aujourd’hui paraîtra désuet le lendemain.

Mais si l’apprentissage est au cœur de l’expérience, il peut néanmoins prendre le pas sur la clarté. Lorsque l’on commence à prendre le jeu en main, on ne sait pas vraiment à quoi correspondent les icônes de récompense et il peut être difficile de comprendre tous les tenants et aboutissants de telle ou telle amélioration. Aujourd’hui encore, je ne pourrais pas vraiment expliquer les spécificités de toutes les altérations d’état et les avantages des unes par rapport aux autres. En l’occurrence, j’avais tendance à éviter les bienfaits offerts par tel ou tel personnage pour favoriser ceux que je comprenais mieux, à tort ou à raison.

Vos bienfaits font toute la différence pour une run réussie.

Un rogue-lite jusqu’au bout des ongles

Autres points généraux liés au gameplay :

  • Au niveau du système de combat, on est sur de l’action avec l’attaque que l’on peut enchaîner, la technique qui fait office de coup spécial puissant, le tir pour infliger des dégâts à distance et l’élan qui permet de foncer en ligne droite. Là encore, chacun y trouve la façon de jouer qui lui convient (pour ma part, j’utilisais très peu le tir et maniais une arme spécialisée dans le combat rapproché). Les combats sont très dynamiques et vivants, si bien que je ne me suis jamais ennuyé lors de mes nombreuses sessions.
  • Le Level Design, lui aussi généré aléatoirement, est composé de salles avec des vagues d’ennemis à combattre. Au fil des tentatives, on reconnaît certaines salles et certains ennemis, ce qui nous permet de mieux les apprivoiser. Les plus attentifs noteront également quelques détails, comme le fait que l’apparition du magasin de Charon a toujours lieu à un moment précis d’un niveau (que je tairai ici).
  • Pour les personnes qui auraient du mal ou pour celles désireuses de progresser plus vite, il est possible d’activer le « mode Divin ». Celui-ci octroie une résistance accrue de 20% aux attaques ennemies, qui augmente de 2% à chaque run perdue lorsque le mode est activé. Je l’ai moi-même utilisé cette année pour faciliter ma reprise. Je trouve ce système intéressant, puisqu’il ne simplifie pas bêtement le jeu et donne à chaque run une plus-value non négligeable.

Mais avec Hades, on ne peut parler de gameplay sans parler d’écriture.

Sans surprise, l’histoire a pour thème la mythologie grecque. Zagreus, notre personnage, cherche à quitter les Enfers pour s’éloigner de son père, Hadès, et retrouver sa mère biologique dont il vient d’apprendre l’existence. Dans cet objectif, il est aidé par Nyx, sa mère adoptive, ainsi que par les dieux de l’Olympe, à qui il doit la plupart des bienfaits qui ponctuent son ascension. Au fil des tentatives, on en découvre un peu plus sur les liens entre les personnages et sur le fond de cette histoire.

Pris tel quel, le scénario en lui-même ne présente pas de surprise particulière. Plus on avance et, à l’image de la mythologie grecque, plus il peut paraître farfelu, tout en restant simple dans sa compréhension. Cependant, c’est bien dans son écriture que le jeu brille, car elle s’adapte aux tentatives que l’on effectue. Une défaite cuisante au premier boss ? On vous le fera remarquer. Zeus vous a octroyé un bienfait un peu plus tôt ? Poséidon ne manquera pas de lui passer le bonjour lorsque vous le croiserez.

Je n’ai pas de souvenir de mes sessions de jeu en 2020, mais en ce qui concerne celles de 2025, j’ai été épaté par le renouvellement des dialogues, et surtout par leur pertinence vis-à-vis de mon expérience de jeu. Si le monde peut paraître répétitif dû au format du jeu, l’écriture casse cette linéarité et donnent vie à l’ensemble. L’importance des personnages est d’ailleurs appuyée par une mécanique de relation, que l’on peut monter à l’aide de nectar (trouvable lors d’une run ou disponible au magasin) et qui permet notamment d’obtenir des accessoires. Et en se rapprochant au maximum de quelqu’un, qui sait…

Thanatos vient parfois vous prêter main forte… mais il veut surtout vous mettre au défi.

Conclusion

Indéniablement, Hades est un jeu qui mérite son succès. Très bien construit dans son ensemble, le gameplay comme la narration savent tirer partie du format rogue-lite et il y a d’autres points que j’aurais pu souligner pour le démontrer. Cependant, il est important de se lancer en comprenant bien les implications que le genre amène. Si j’ai apprécié gagner en puissance jusqu’à parvenir à quitter les Enfers pour la première fois, j’aurais préféré ne pas avoir à recommencer plusieurs fois pour arriver jusqu’aux crédits. Au contraire, il plaira sans mal aux personnes en quête de défis, d’autant plus qu’il devient possible de personnaliser ses runs par la suite.

Malgré tout, je ne peux nier le plaisir que c’était de terminer le jeu après toutes ces années. Le mode Divin m’a permis de mieux apprivoiser la difficulté du jeu (même si je n’en aurais pas eu besoin pour certaines runs) et j’ai pu voir à quel point j’étais meilleur au jeu aujourd’hui qu’à l’époque – une autre preuve de la qualité du système de combat, que j’ai repris en main presque immédiatement -. Mais ne serait-ce que pour le magnifique thème des crédits, l’aventure en valait la peine.

️ Mes plus
  • Un gameplay varié où chacun y trouve son compte...
  • Une narration vivante, qui s'adapte à notre aventure...
  • Une excellente prise en main, même après cinq ans sans jouer au jeu
  • Une direction artistique et sonore cohérente, originale et intéressante
Mes moins
  • ... mais une clarté des mécaniques de jeu parfois hasardeuse
  • ... mais son intégration dans les rouages du rogue-lite peut parfois la rendre difficile d'accès (obtention de nectar, possibilité de croiser tel ou tel personnage...)

AsbelGrants

À propos du rédacteur

AsbelGrants

Ma passion pour le jeu vidéo est née à l'ère de la Nintendo 64, quand j'étais encore très jeune. Aujourd'hui, elle a fait de moi un concepteur de jeux vidéo spécialisé dans la narration. Mes goûts en matière de jeux sont très variés, tant que j'y trouve un attrait gameplay et/ou narratif.

Par AsbelGrants7 novembre 2025

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